30 août 2006
Des fers, des dents et de la décontraction
Countdown : J-5 avant libération de Cleave
Son du jour :
- Parce que ça me rappelle quand je lisais The Vampire Lestat sur Bélia, péniche amarrée au Port de l'Arsenal, et que dehors, tout était recouvert de neige et de glace
-Parce que je voudrai faire quelque chose à cheval dessus (même si ce n'est pas tout à fait un choix idéal, j'en conviens)
- Parce que Portishead et la voix de Beth Gibbons, je suis fan de la première heure. Raison suffisante !
Mes obligations de chauffeur de maître ne me permettant pas de disposer de mon après-midi, et ayant laissé un jour off à Cheval hier, je me dirige donc vers l'écurie au saut du lit.
L'écurie est déserte, le mistral souffle. Qu'importe, j'aurai le manège pour moi toute seule.
Cheval est au box. Air très grognon, en colère, mais en même temps essaie de contenir sa mauvaise humeur. Il est rigolo à regarder : comme s'il se demandait si, s'il en faisait trop, je n'allais pas changer d'avis et le laisser au box.
Marsu, c'est un paradoxe. Un *faux-froid*. Et un faux dur aussi. En réalité, Marsu est très snob ;-p
Il couche les oreilles et se détourne d'un air fort détaché lorsqu'on s'approche, et dans l'instant il se ravise et vient demander (une caresse, une gratouille, cent euros et un mars...), puis semble se *re-raviser* et recommence ses simagrées de snobinard indifférent, pour mieux revenir... Jusqu'à ce qu'il s'abandonne -enfin- aux retrouvailles.
Il parait qu'à sa naissance, il était déjà comme ça et regardait les gens de haut et de l'air de dire "Mais t'es qui, toi ? Et tu fais quoi, chez moi ?"
Il me fait rire, quoi.
Mais revenons à nos chevaux.
Marsu est donc Mini Terreur au pansage.
Il alterne le :
- Si tu me brosses le ventre, je te bouffe (en se mordant l'épaule)
- Si tu continues à me brosser la queue, je te latte (en levant le postérieur)
- Si t'oses passer devant moi, je te scalpe (en ouvrant un four qui frôle mes cheveux)
- Si t'insistes, je m'énerve (en tapant fort de l'antérieur)
La séance va être musclée. Me prépare à duel mano-a-mano sur Toubin contre Mini Terreur.
Abandonne même l'idée de la rituelle flexion de mâchoire pré-montoir. Pourrait gagner, l'animal; serait mauvais point pour ma pomme.
Puis me planque derrière théorie d'Orgeix pour ne pas risquer de me planter si demande cette cession de machoire dès que je suis en selle. Ce que pourtant Coach m'intime de faire avec énergumène tel que Marsu.
D'orgeix donc dit qu'à la sortie du box mieux vaut marcher un peu sans toucher le cheval aux jambes car il n'y est alors pas très réactif et qu'il vaut mieux user alors du stick pour la mise en avant. Me voilà donc rênes longues, sur la piste, et on avance, garçon !
OK, ça avance; mais dès que je remonte sur mes rênes...
Marsu est très contracté aujourd'hui. Ce sera un peu le souci.
Le trébuchement est de pire en pire, vivement que le maréchal passe !
On en est à plus de 8 semaines, un clou branle dans un fer antérieur; derrière, ça grince à n'en plus finir (ça ne grincerait pas plus si j'étais suivie par 40 canards). En résumé, ce n'est pas que je veuille à tout prix dépenser 75 euros, mais là, ça urge !
La séance, en fait de duel sur le Toubin, s'apparente plus à une thérapie pour cheval contracté.
*Chevaux Contractés Anonymes*, réunion du mercredi.
"Bonjour, je m'appelle Marsu, et je suis contracté. Et j'ai pas l'intention de faire ce qu'elle me dit, là haut."
"Bonjour, Marsu !"
(Toute l'assistance, en choeur)
"Donc voilà. Chaque fois qu'elle me demande de me relâcher, c'est plus fort que moi. Je peux pas. Faut que je décide quand, elle a rien à dire là dessus."
Elle n'a peut être rien à dire, ça ne l'empêche pas de s'exprimer, Marsu. La preuve !
On alterne entre bonne attitude, *auto-portance* et contractions. C'est souvent comme ça, le lendemain du jour de repos.
Nous retravaillons les exercices du dernier cours. Le départ au galop est toujours aussi mauvais; un seul vaut la peine. A force de relâchement, j'ai dû oublier d'électriser mes fesses :-p
Mais bon. Je dois être pour beaucoup dans la médiocrité de la chose. Penser à me reposer, peut être !
Penser également à prendre des vacances.
Et puis penser à revoir les exigences. Quand on passe des caps, on se met à penser plus vite que l'on ne peut faire, et tout se décale. Alors, on est déçu.
L'exemple bête : une transition simple, trot-pas par exemple. Plus on travaille, plus on avance, et plus on voudrait que la chose soit *parfaite*. Alors on ne se contente plus de ce qu'on a. Et on voudrait plus (de jarret, d'assoiement, de dos qui monte, d'euros et de snickers ...). On en oublie qu'on a déjà bien plus qu'un mois auparavant...
Penser à re-la-ti-vi-ser !
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