21 novembre 2006
620 habitants, 3 élevages, un studio...
Présentation succinte, certes.
Et oui. Lassée de la vie montpellierraine, j'ai déménagé mes pénates jusqu'à Pompignan, petit village du Gard.
620 habitants, 3 élevages équins (dont un farfelu, un sérieux et une des plus grosses écuries d'endurance de France), un studio de disques qui a accueilli Noir désir, Nina Hagen, Laurent voulzy et beaucoup d'autres, une poste ouverte 15 heures par semaine, une boulangerie aux horaires fantaisistes, une minuscule épicerie et un bar-pas-tabac.
Le seul village de France où, au fronton de l'église, trône fièrement l'inscription "Liberté, Egalité, Fraternité" pendant qu'en face la mairie affiche crânement, au dessus de son porche et gravé en grandes lettres dans la pierre, le mot "Asile".
Spécialités :la carthagène (alcool succulent) et le croissant au chocolat de Jean-Marc, le vénéré boulanger à qui j'érigerai bien une statue.
Pour venir chez moi, c'est à dire au bout du bout du monde, il vous faudra affronter le Causse. Dix kilomètres d'une route toute pittoresque sur un plateau, sur lequel vous aurez préalablement grimpé par trois kilomètres de lacets étroits et soleil dans l'oeil, et duquel on redescend par trois autres kilomètres de lacets, re-soleil dans l'oeil.
Sur le plateau, vous prendrez garde à ne pas :
- croiser un sanglier
- écraser un Rambo en gilet orange fluo qui attend le sanglier que, je vous le rappelle, vous venez prudemment d'éviter
- emplâtrer un des cyclistes de l'AS Clapiers qui viennent souffrir là (ça doit être le mystérieux Eden des cyclistes)
- heurter de plein fouet un coureur de l'écurie Chazel (le frère de l'endurancier) qui s'entraîne pour les rallyes et courses de côtes, à grand renfort de baliseurs-de-route armés de talkie-walkie.
Lorsque vous aurez enfin franchi ce Causse, vous découvrirez enfin le village tapi au fond de la vallée.
Maintenant, vous pouvez profiter de la douceur de vivre et vous faufiler dans les rues si étroites que les voitures n'y passent pas. Et si vous apercevez le chateau d'eau, ma maison n'est pas loin.
Ceux qui connaissent "le Prisonnier", série TV tournée à Port Meirion, reconnaitraient entre mille cette forme de porte ogivale, comme celle de la maison du numéro 6... et bien chez moi, c'est la même porte. Et j'habite au n° 6 :-).
Rassurez-vous : pas de numéro 2 maniaco-sadique chez moi, pas de rodeur ballon-sonde dans les rues, pas de radio qui se déclenche toute seule ni de surveillance en direct, et pas de troublé obsessionnel compulsif passant tout son temps libre à me demander pourquoi, mais alors pourquoi j'ai démissionné (for further information, just have a look here ;op). et puis je ne suis pas un numéro, je suis... le bipède de mon cheval ? La créature de mon chien ? L'humaine de mon chat ? Que choisir, je n'en sais rien, mais je ne suis pas un numéro. Et ça, j'en suis certaine !
C'est une petite maison confortable, accueillante, mais qui demande encore à être aménagée... et j'avoue être en phase d'overdose du carton-plein-de-trucs-qu'il-faut-déballer. Hélas, il faudra bien que je me décide à ouvrir la quinzaine de cartons abandonnés et cherchant un foyer. Foyer que je leur ai promis lorsque nous avons quitté leur précédent domicile. J'ai beau leur expliquer qu'ils ne sont pas seuls, que j'ai d'autres choses à faire aussi (travailler, assurer la subsistance du Marsu, par exemple), je les entends se plaindre et réclamer que je m'occuppe d'eux. Promis, les cartons. Ma prochaine bonne action sera pour vous (ils ne m'ont pas vue croiser les doigts derrière mon dos. Ouf !).
Ma petite vie a repris un cours normal. La campagne cévenole, c'est vraiment le rêve !
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