My own *Nakhal Jones* Diary

Aventures et réflexions d'un cheval en 2006 ...

27 août 2006

Où il est question de 4x4, de Cleave, de vampires et de cheval.

Countdown : J-7 avant la libération de Cleave.

Je crois qu'un ami-qui-me-veut-du-bien-mais-en-fait-trop a encore fait pipi sur mon totem.

La malédiction de la mécanique, d'abord. Incantation fort réussie.
Jeudi matin et comme tous les matins, Cleave se réveille à la dernière minute, râle et grommelle, saute dans le 4x4 et part tel un bon petit soldat-cadre-dynamique vers son bagne.
Un tout petit quart d'heure plus tard, le téléphone sonne.
C'est Cleave.
Je lui manque déjà ? Après toutes ces années ?
En bonne Bridgetophile, je ne peux m'empêcher de m'en réjouir.
Et bien non, pas de chance, ce n'est pas du tout ça.
"Le pont a cassé net, la roue arrière a explosé, j'ai failli y passer. Tu peux venir me chercher ? Je suis au bord de la 4 voies..."

Bravo, ami-qui-me-veut-peut-être-du-bien-mais-je-commence-à-douter. Si tu voulais te débarasser de Cleave, l'idée était bonne et le crime presque parfait. Tu as juste négligé un paramètre : Cleave, c'est le plus fort ;-) 
Ceci dit, ami-qui-me-veut-peut-être-du-bien-mais-je-sais-pas-trop-finalement, tu as parfaitement réussi l'étape mise à pied du Cleave. Et signé par la même occasion un CDD de chauffeur de maître pour moi.
C'est vrai, quoi, faire 150 km par jour en plus, ça me manquait.

Et en plus, ami-qui-est-peut-être-un-ennemi-si-on-y-réfléchit, tu as osé adjoindre un spectateur qui m'a vue dans l'état de tête chercheuse de Lestat et consorts dans les Halles en compagnie de mon Fred from NY.
Les deux plus grands idéalistes de toute la Terre. Si, si, Lestat existe. Fred from NY et moi, on y croit.
Cleave donc avait, assis dans le 4x4, un ancien employé d'un bar branché parisien dans lequel je sévissais (avec le dit Fred from NY).
Sa tête quand il m'a vue débarquer. "Elle, le sauveur ?" ;op

La malédiction de l'embarquement, ou le "Van Grugru curse"
Bien essayé, jeudi soir. Très réussi même. La machine de guerre s'est rebellée et nous a offert un grand moment de rire. Salinero, mille mercis pour cette promenade autour du stade d'Aachen ! Tu es vraiment le meilleur cheval du monde :-)
Mais Ami-qui-me-veut-je-me-demande-bien-quoi, le sort jeté samedi soir était à la limite du médiocre.
Juste une Van Grugru au trot enlevé, accrochée à ses rênes, sur un Salinero au grand trot, tête en l'air. Elle a bien écouté les conseils que le garde venait de lui donner, en revanche :op.
Comme quoi, la Moullkur, ça fait du bien quand ça s'arrête. Et bien à celui qu'on croit. N'est-ce pas Salinero ?
Ceci dit, il est somptueux, ce Salinero. Dommage que le sort ait raté sa cible samedi.

La malédiction de la selle qui tourne, dite aussi "enchantement du Boum Bonnet"
Ami-qui-rate-toujours-son-coup, là, je dois dire que tu t'es surpassé. Heureusement d'ailleurs, puisque ce n'était pas moi, mais Mademoiselle Zaza qui chevauchait la selle magique.
Et là, ami-qui-a-dû-se-faire-virer-de-Poudlard-avant-même-d'y-entrer, tu as totalement raté ton coup.
Certes le charme de la colère a excessivement bien fonctionné sur la Princesse, mais sur Mademoiselle Zaza, tu as dû faire (encore) une erreur et lui envoyer un sort de rigolatus aux éclatus. Quant à moi, le sort bouffe-poitrail sans les mains a très bien fonctionné, mais justement, je n'avais aucune main... Alors, encore un échec !

La malédiction de la jambe gauche, plus communément appelée "combat de chaps versus lice".
Ami-qui-s'ennuie-tellement-qu'il-n'a-rien-de-mieux-à-faire-d'autre, si j'avais besoin de quelqu'un pour décider à ma place quand je souhaite renouveler mon attirail équestre, je le dirai. Inutile de rendre Chouchoudlamour excessivement et soudainement chatouilleux. Il ne colle pas à la jambe droite. Et non.
Alors ne pas lui jeter un sort de "Aux abris elle a mis l'éperon je me jette sur la lice", ça m'arrangerait.
Parce que mes chaps, elles sont en très bon état. Enfin jusqu'à vendredi. Depuis, elles sont déchirées.
Merci, Ami-qui-commence-à-me-les-brouter-menu-menu.

La malédiction du goret-hamster ou Surdentus Enchantus
Ami-qui-fait-de-l'humour-mais-ça-marche-pas, oui, j'aime les vampires. Et maintenant, je sais qu'ils ne sont pas les seuls à avoir les dents qui poussent. Chouchoudlamour aussi.
L'incantation destinée à transformer Chouchoudlamour en glouton était inutile : il l'est déjà. Il avale tout, quasiment sans mâcher. Et ne se sert que très peu de ses molaires, parait-il. Usure quasi nulle, et surdents fréquentes... Et nous y voilà.
Deux petites pointes bien symétriques dans sa jolie bouche.

Donc, Ami-qui-me-veut-je-ne-sais-pas-quoi-mais-qui-s'y-prend-comme-un-manche, s'il te plait, change de cible. Ou de stratégie. Ou vas te faire démarabouter. Bref, agis !
Moi, je retourne à mon CDD de chauffeur de maître.
Et si je vois Lestat au bord de la route, me fais immortelle.
Et là, Ami-qui-a-un-peu-dépassé-les-bornes-des-limites, gare à tes fesses !

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22 août 2006

Du bambou, du bambou

Countdown : J-13 avant la libération de Cleave.

Sound for today : Le petit Michaël, avant qu'il ne vire au gris et ne perde son nez. Convient très bien à monture du jour. En beaucoup plus léger.




Quand j'étais petite, j'avais un livre dont j'ai oublié l'auteur (le contraire m'aurait étonnée), "Le chien volant".
Un vieux livre de l'ancienne bibliothèque rose, que mes parents, grands-parents et arrière grands-parents avaient dû savourer aussi.
Dans ce bouquin, pour que le chien s'envole, il fallait crier trois fois de suite "Hadzinn a pounn".
Bref. Un aparté au goût de vieille maison cévenole juste pour dire que si Griou Del Griou, ma monture du jour, avait pu répondre à ce genre d'incantation, ça m'aurait bien arrangée.

Aujourd'hui donc, dans la série "Je suis la grande déesse des bambous et nul ne me résiste", me voici juchée sur Griou del Griou, grand mérens qui reprend doucement après un mois de vacances.
Enfin, il reprend, c'est certain : je dois être la deuxième cavalière à oser grimper sur son dos depuis fin juillet; et doucement, c'est moins sûr : on saute.
Mister G. est d'une gentillesse extrême, et d'une lourdeur toute proportionnelle.
Il avance si on avance avec lui, saute si on saute avec lui...
Mais c'est un mérens, et un mérens sur un tour à 1 mètre, c'est une sensation étrange.
Un peu l'impression de porter le cheval sur chaque obstacle.

Mister G. aime deux choses contradictoires.
Il aime s'enterrer dans le pied, et sortir un saut énorme.
Il aime également jouer à *plus longue que moi, tu meurs*.
Et si, par malheur, je ne le tends pas assez... Il joue à l'effet catapulte. Qui rate, évidemment.

Nous commençons par une petite ligne croix-vertical-oxer.
Surprenant ! Les sauts sont énormes, Mister G. est très lourd.
Et surtout, la distance est fausse, ce qui lui fait passer l'oxer sur une très très longue. Effet garanti.
Rectification faite, ça passe tout seul.

Puis, nous enchaînons nos 8 obstacles; le même parcours qu'avec Girafon.
Premier passage un peu flottant par moments. C'est la première fois que je monte Mister G. pour autre chose que pour accompagner une promenade.
Et j'avoue que l'oxer carré qui, avec Girafon, se passait sans même y penser, prend une autre dimension quand on est juché sur le dos d'un Mister G. qui semble attendre qu'on le porte au dessus des barres.
A la décharge de Mister G., lui, au moins, il a la direction assistée. Freins qui mériteraient une petite révision, mais c'est déjà bien.
L'accélérateur ?  Plus la séance avance, plus la panne approche.
Et oui, la chaleur est revenue.

Nous terminons sur un dernier enchaînement avec ligne brisée, et avec une planche de surf en guise de sous bassement, histoire de rire un peu. Mister G. reste imperturbable; le surf, ça ne l'émeut pas plus que ça.
Le super spot de Réganel, il s'en fiche ! Alors que ç'aurait pu lui redonner des ailes.

Pour prochaine fois, penser à incantations pour soulever Mister G. et pour muscloriser Miss D. (qui doit soulever Mister G.).
Ou penser à prendre cheval léger ;op


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19 août 2006

Des aptitudes de la girafe au CSO

Countdown : J-15 avant la libération de Cleave.

Sound for this part : Cosmos 1999. Le summum du kitsch. Mais mon popotin sur le dos de Girafon, ça a un petit air de 13 septembre 1999, jour mémorable de l'explosion qui a propulsé la base lunaire Alpha à la dérive, aux confins des galaxies.
Me sens comme commandant Koenig quand part à la découverte de planètes inconnues et peuplées de choses étranges. Malheureusement, n'ai pas de Victor pour me conseiller et me dévoiler sa pensée du jour. Fort dommage.

Séance d'obstacle. Têtue je suis, j'ai  envie de sauter.
Et me vois confier la tâche d'apprendre à Girafon à enchaîner. Moi, déesse des barres.
Le sort est parfois fort ironique, dirait-on !

Girafon, mais qui êtes-vous ?
Girafon, barbe-arabe de son état, a pris 9 ans en décembre.
De son débourrage à ses 7 ans, il n'a fait que quelques promenades, sans exigence aucune.
Puis, de 7 à 9 ans, il est resté au pré, sans rien faire.
En décembre dernier, il est arrivé au poney club où sa propriétaire l'a mis au pair.
Pas monté depuis deux ans, aucune direction, aucun frein. Et une aptitude toute particulière à ne pas gérer 4 membres simultanément.
Autant dire que Girafon ne connait rien. Mais alors, rien du tout. Enfin si : foncer droit devant, naseaux point le plus haut (on est bien loin des standards de la rollkur ;op). Et foncer dans une direction, et une seule : la porte. Et oui, Girafon, en plus de toutes ses autres qualités, paddocke. Et ceci, couplé à la non-gestion de 4 membres en simultané, rend la chose particulièrement attirante.
Girafon, donc, est cependant doté d'un bon passage de dos. Mais ne gère ni la distance, ni la place.
Et me voilà, sous la houlette de ma collègue et néanmoins copine, perchée sur son dos afin de le faire enchaîner.

Détendons. Girafon chauffe, chauffe, chauffe.
Me ramène très, trop vite à la porte. Ou danse sur place, alternant reculer-je vais me lever et coups de cul. Génial.
Je n'ai absolument aucune confiance en lui.
Et me vois obligée de reprendre très fort parfois, et de tourner de manière peu catholique (rêne externe tendue, pli externe, jambes-jambes-jambes, et buste orienté à l'interne). Ceci dit, ça fonctionne à peu près. Maintenant, je ne maîtrise que peu de paramètres. Et Girafon est extrêmement flottant.
Avec Girafon, si on n'est pas à sa place... on ne fait rien.
Suis-je à ma place ?
Apparemment, ça doit m'arriver.
Mais j'avoue que gérer l'équilibre du Monsieur, son *paddockage* et ses défenses tout en l'amenant du mieux possible sans le fâcher (Girafon a une concentration relativement limitée), ça fait beaucoup de paramètres.
Sachant qu'en plus, pour les 8 obstacles à passer, 5 courbes au moins se font en direction de la porte vers laquelle je me fais trimballer comme un vulgaire paquet puis, lorsque j'ai réussi à reprendre et à me diriger, bien assise (seul moyen de le reprendre, pour le moment) vers l'obstacle, me vois gratifiée de forces coups de cul dans les dernières foulées..
Girafon sera probablement agréable à monter, plus tard. Mais pour le moment, c'est l'enfer de la communication. J'ai l'impression de parler chinois avec un accent serbe à un péruvien qui pense en hindoustani. Bref, on ne se comprend pas !
Il faut de plus gérer le caractère ombrageux et inquiet de Girafon qui s'offusque que l'on puisse oser lui suggérer d'avancer dos à la porte. Ou de revenir vers celle-ci pour mieux la quitter, à peine arrivé. Et manifeste bruyamment son désaccord.

Bref, une séance mi-figue, mi-raisin.
L'impression de ne pas avoir fait du bon travail. Tout ne peut pas être parfait, je le sais. Mais à ce point...
Quelques enchaînements réussis, avec un cheval à l'écoute (enfin, dans la relativité Girafonnienne) et qui revient bien; quelques grandes traversées de carrière hors contrôle...
- Prendre la chose avec philosophie, part one : penser que c'est un travail pour poulain sur un cheval déjà *fait* dans son caractère, ses habitudes, sa manière de réagir et de fonctionner. Mais suis pas philosophe, moi. Devrai me faire violence, à l'avenir.
- Prendre la chose avec philosophie, part two : si j'ai réussi à enchaîner avec ce machin, sans aucune confiance ni aucune communication, alors...

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26 juillet 2006

La vie rêvée des lagomorphes

Lagomorphe, n.m., plus communément connu sous la vocable "lapin".
Mais que viennent faire les lapins dans un tel blog ?
Simple, ô lecteur avisé.

30 juillet 2005.
Sur le forum de la FFE apparaissait un petit topic au nom alléchant : "Dressage pour non-spécialistes".
Qui aurait dit que de ce topic allait naître la Rabbit-Culture ?
Petit topic, comme petit Lapin, deviendra grand dit le proverbe. Et c'est exactement ce qui s'est produit.
De fil en aiguille, d'échange cavalier en disgressions dvierses, de délires en rigolades, de confessions en confidences... Les non-spécialistes se rebaptisent "lapins dresseurs", puis "clapier"... Puis, comme les lagomorphes à la saison d'hiver, se replient au chaud dans un terrier secret pour lequel il faut montrer patte de lapin blanche.

Un an déjà que les lapins se sont rencontrés, un an que tous les matins ils se retrouvent dans le clapier pour le meilleur et pour le pire, se soutiennent, s'entraident, s'amusent, se déguisent (en quoi ? Mystère ;o) ), rient (beaucoup, beaucoup !), échangent sur tout et plus particulièrement sur nos amis les quatre sabots... Un an que les lapins se rencontrent également dans la vraie vie.

Bref, je voulais écrire ce petit post pour remercier tous les lapins du clapier pour tous les moments passés ensemble !
Merci, lapinettes, et à tout de suite ;o)

Et juste pour rire...


pour les amateurs de crêpe au sucre et de cassage de gueule ;-)

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24 juillet 2006

Goodbye Crazy Diamond

Elle s'appelait Sintia du Cassou.
Elle a été mon premier cheval, celui de toutes les erreurs, de tous les progrès, le vrai maître du jeune cavalier.
Le premier amour.

Elle m'a emmenée dans de folles galopades, sans jamais flancher; elle serait tombée sous le cavalier plutôt que de s'arrêter. Elle était généreuse, courageuse, pleine de vie. Sintia, c'était mon Crazy Diamond à moi.
Elle était anglo, jusqu'au bout des sabots; pleine de sang, vive, sur l'oeil, réactive.
Pas facile, disaient certains (la majorité, rendons nous à l'évidence ;-) ). Mais j'aime bien les chevaux à défi.

Quand je l'ai connue, elle avait 3 ans. A peine débourrée, remuante, nerveuse; la première fois que je l'ai montée, j'ai été conquise. Je lui ai fait découvrir l'eau. Et elle s'est mise à jouer dans la rivière, à courir derrière un reflet, à suivre une onde... C'est là que j'ai décidé de l'adopter.
Nous en avons passé, des années folles.
De sales périodes pour moi, puisqu'elle m'a envoyé deux fois à l'hôpital avec trauma cranien.
Elle, jamais une blessure, jamais le moindre soupçon de quoique ce soit... un roc.

Je me souviens des écarts monstrueux qu'elle faisait, à tout propos. Elle m'a appris à tenir en selle ;-)
Je me souviens de sa tête sortant par la lucarne, dans le mur, quand j'arrivais... Le seul cheval avec un box de 25 m² , pierres apparentes, voûtes et plusieurs fenêtres que je connaisse :-)
Je me souviens de son flegme tout britannique quand je mettais un débutant sur son dos... Elle savait, la maligne !
Je me souviens de nos galops sur les pistes, le vent qui siffle, les sabots qui frappent...
Je me souviens de nos promenades au clair de lune, du phare de l'Espiguette qu'on apercevait au loin depuis notre montagne, des étincelles des fers claquant sur la route
Je me souviens du jour où on l'a diagnostiquée naviculaire...

Elle est partie dans un élevage.
Elle a fini ses jours en galopant tout son saoul dans les plaines de l'Ariège, au milieu d'un troupeau.

J'ai encore ses  vieux fers et une poignée de crins, quelques photos, l'odeur de sa robe et la sensation de son dos, de ses mouvements en tête, comme une petite madeleine de Proust.

Sintia est partie la semaine dernière galoper dans les plaines de ses ancêtres.
Elle a pris un mauvais coup de pied. Fracture du canon, rien n'a pu être fait.

Bon vent à toi, mon Crazy Diamond !
Moi, je n'oublierai pas.

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19 juillet 2006

En arabe, ça veut dire Soleil

Pas de blog hier. Rentrée tard et goût amer.
Chems nous a quitté hier soir, vers 20h30. Emporté par une colique de torsion fulgurante. Mais sa propriétaire a pris la décision du courage, celle de lui offrir une fin sans souffrances.
Il avait 34 ans, un âge canonique pour un cheval au mental d'acier, qui est parti dignement, après une dernière promenade en main avec sa propriétaire, un dernier paquet de carottes qu'il a pu déguster grâce aux antispasmodiques et antalgiques qu'il avait reçus peu avant, et qui lui auront permis de se lever : un ultime cadeau à son humaine.
Chems était voisin de box de Nakhal. Du haut de ses 34 ans, perclus d'arthrose, il tentait quand même de galoper quand on le mettait au paddock. Né en Tunisie, ramené en France par ses propriétaires, il était le cheval de la famille depuis fort longtemps. Un vrai mental de guerrier, un caractère bien trempé aux affinités bien marquées !

Bon vent Chems !

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10 juillet 2006

Melody Nelson



Pourquoi Melody Nelson ? Juste parce que j'en avais envie ;-)

Pas de cheval aujourd'hui. Il a besoin d'un break dans sa semaine, et moi aussi; ça nous permet à tous deux d'assimiler ce que nous avons fait. Et oui, comme nous, ils apprennent pendant les temps de repos ;-)

L'occasion de faire encore un bilan sur moi : plus je balbutie "technique", et plus j'ai l'impression d'avoir un nombre incalculable de portes à ouvrir. C'est ça que j'aime particulièrement avec les chevaux. Sans cesse en mouvement et en recherche, et aucune interdiction à revenir sur ses pas, que demander de plus ? En attendant, j'essaie de m'imprégner de la cadence de mon cheval, de la place de son dos, de son équilibre, de la sensation de sa poussée, et de jongler entre tous ces paramètres pour retrouver le rassembler. Le graal des cavaliers, mais sans graal, on n'irait pas bien loin !

Et j'imagine Petit Cheval dans son paddock, en train de manger précautionneusement un chardon, en retroussant les lèvres pour ne pas se piquer, puis en enfournant ça vite, vite vers le fond de sa bouche, puis en train de se prélasser au soleil, nez contre nez avec sa douce, de l'autre côté de la clôture, pour ensuite parader et jouer au caïd des garrigues... Ou s'endormir étalé de tout son long, ou partir à fond à fond à fond en faisant des cabrioles dignes des sauteurs de Saumur, le dos libre et l'esprit farceur ;-) En tous cas bien loin des tracas de la vie de bac à sable !

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14 juin 2006

Rideau sur une lessiveuse

Cette fois, ça y est. La lessiveuse à R., c'est bel et bien fini.
Un pas supplémentaire franchi, une bonne année au milieu des poneys, des chevaux et des cavaliers. J'ai appris beaucoup de choses... Et surtout, et c'est le principal, que ça me plaisait.
J'ai appris aussi qu'en suivant son instinct et en respectant ses convictions, on pouvait aussi être crédible. Que *faire pour faire comme tout le monde* ça n'avait aucun intérêt. Que baser ses séances sur un but juste, s'y tenir et ne pas sacrifier à la sacro-sainte animation, ça fonctionnait, et ça plaisait aux cavaliers.
Ce que j'écris ressemble à une profession de foi, et je crois que c'est un peu ça.
J'espère de tout coeur que j'aurai dans l'avenir l'occasion de poursuivre, de recommencer, de travailler, de mettre ma petit goutte d'eau dans l'océan de l'équitation, pour essayer à mon minuscule niveau de faire progresser les gens, de leur donner le goût du travail dans le restect du cheval, et surtout de progresser moi même !

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15 mars 2006

La lessiveuse (ou : séjour à Poneyland)

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Samedi, c'est le dernier jour.
Dernière lessiveuse, dernier matin où je vais réveiller les poneys au doux bruit de la brouette de foin et de la dosette dans le seau de grain.
Dernière fois que je trouverai peut-être un Pouic, une Arizona, un Tim sorti des clôtures, dernière fois que je commencerai par jeter un oeil sur le paddock de Milda pour voir si elle a enfin pondu son poulain, dernière fois que je devrai avant de sortir Hilo commencer par ramasser les chaises en plastique qu'à grand renfort de torsions d'encolure il a ramené devant son boxe et mises à terre. 
Dernière fois que je pesterai contre "ce cochon d'Horus qui laisse vraiment un box dég*eulasse", que je râlerai parce que Cacahuète refuse de se laisser attraper par les enfants, que je viendrai tenir les têtes de Camboui et de Neige qui mordent au sanglage, que je demandera aux enfants de laisser une bonne place à Pénélope qui se roule toujours, tout juste dessellée, à la barre d'attache.
Dernière fois que je ferai mon "inspection des ventres" avant le sellage, que je négocierai une longueur d'étriers avec un petit débutant qui sait, bien sur ;-)
Dernière fois que je ferai galoper Isléwil et Camélia à part, au cas où les deux compères soient d'humeur valseuse, dernière fois que j'éviterai de sauter si Camélia est là et que le cavalier n'est pas bien à sa place, dernière fois que j'accompagnerai les cavaliers chercher Pépita, Guiness, Pouic ou Ricky dans leur pré, parce "Kourou, il fait peur".
Dernière fois que je partagerai le gâteau qui couronne une chute, que je pourrai promettre un poney "pour la prochaine fois" si le cavalier le mérite.
Dernière fois que je devrai rester près de Zizou pour le décoller des autres avec les débutants, que je pesterai sur Griou qui n'avance pas, lui qui sait faire tant de choses, que je ferai attention à ce qu'aucun petit cavalier ne se fasse prendre la main par Neige-le-poney-à-réaction.
Dernière fois que je travaillerai avec tous les petits, Gribouille, Léon aux yeux vairons, Pirouette (super, Pirou), Lucky, Jimmy qui en a marre, Casimir-la-flèche pour ceux que je n'ai pas cités; et avec les plus grands, Uranium le trop gentil, Falbala la froussarde, Bodéga le poney parfait.

Un rien nostalgique ... Même si je n'en ai pas fini avec ce poney club, j'en ai fini avec les reprises.
Et un grand merci à tous les cavaliers que j'ai rencontré : pour les moments de rigolade, de travail, de partage !

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11 mars 2006

Une histoire de comportement, vraiment !

Aujourd'hui, cours d'éthologie à l'écurie.
Rond de 18 mètres monté dans le manège, petite jument isabelle en licol ... Air de grands espaces, de plaines d'Amérique du Nord, silhouette de cow boy et esprits des Indiens se sont-ils installés pour cette après midi aux Cabanelles ?
Et bien non. au contraire, nous revoilà au temps des écuyers.

Petit présentation des intervenants, empruntée sur Amazon.fr ;-) :

blogetho

Guillaume ANTOINE et Gérard DORSI (BEES 2 tous les deux).
Successivement cavaliers, entraîneurs, enseignants, formateurs et dirigeants de structures équestres, leur volonté commune de réhabiliter le message comportemental des écuyers classiques à la lumière des connaissances d'aujourd'hui, les a amenés à la rédaction de cet ouvrage. Ce livre poursuit l'ambition de faire partager leur expérience de plus de 60 ans de pratiques professionnelles, avec tous les amoureux du cheval. Certes, l'équitation ne s'apprend pas dans les livres, néanmoins, ainsi que le soulignait le maître Oliveira (Écuyer portugais du XXe siècle) " II faut monter à cheval sans pour autant laisser les livres se couvrir de poussière sur les étagères ". Assurant le management des chevaux comme celui des hommes, il leur est apparu que le tact d'un cavalier relevait bien plus d'une cohérence de comportement et d'un juste rapport à l'autorité, que d'une stricte application technique. Comprendre, réfléchir et agir pour donner du sens à vos actes, tel est l'objectif de " Le Cheval avec Vous " : une équitation sécuritaire, de plaisir et de performance, pour vous et votre cheval.

Petit pèle-mèle en vrac de la séance :

Après nous avoir expliqué ce qui les avait amenés à rechercher chez les classiques les fondements du travail, à la lumière des connaissances actuelles de l'éthologie, avoir posé le constat de l'abandon d'un travail *avec* les composantes du comportement du cheval dans l'équitation actuelle, expliqué le statut de proie, celui de prédateur et leurs conséquences respectives, à savoir la fuite active (en avant) ou passive (en simplifiant la rétivité ou le comportement autiste qu'on observe chez certains chevaux de club), la notion de leader dans le troupeau et le côté "tournant" de ce statut, ils ont exposé ce qu'ils pensaient être la place de l'homme dans la relation *équitation*.

Pour celà, ils sont partis de l'éthymologie des mots *manager* et *management*. Qui viendraient d'un vieux terme français, manager, qui désignait le fait de mener le cheval de l'écurie au manège dans un but défini de travail. Et par extension le travail en manège. Ce travail ne s'effectuerait que dans une optique non pas de confiance, mais de *perméabilité* du cheval, et de soumission non pas dans un sens de domination, mais de proposition-acceptation d'un projet, d'un état des choses réalisable. On ne parle pas de confiance, on parle de fiabilité-sécurité pour le cheval, on ne parle pas d'affectif mais d'émotionnel et d'instants, et on évite l'anthropomorphisme pour ne pas prendre un comportement pour un autre.

Passons aux exercices pratiques.

Première chose : maîtriser , en liberté, les paramètres qui vont nous donner et l'attention du cheval, et sa perméabilité. Bref lui *parler*, l'écouter, lui répondre, en restant ferme et juste (l'importance de la cession dans la seconde qui suit le début de l'acceptation), et l'autonomiser. Rendre le cheval autonome, ce qui en selle sera les descentes de main et de jambes. Primordial !

Pour celà, maîtriser l'allure, la direction, faire respecter son espace. Il faut rester précis et cohérent, attentif à tout. et ne pas faire de procès d'intention au cheval (i.e. si le cheval semble vouloir changer d'allure ... ne pas agir tant qu'il n'a pas changé effectivement. L'intention n'est pas l'action.). 

La maîtrise de l'espace : rester vraiment précis et exigeant.
L'espace, à terre, ça parait évident. En position rapprochée, un antérieur ou un postérieur qui s'écarte vers l'homme, c'est déjà un début de test pour le cheval. Donc, agir.
Petite digression sur le cheval qui teste : s'il teste, c'est qu'il n'est pas décontracté, qu'il a des craintes et besoin de s'assurer qu'il peut se fier à l'homme. Seul un comportement cohérent va le décontracter.
Revenons à l'espace.
Car cette notion s'applique aussi à cheval ... Mais l'espace, à cheval, c'est quoi ? Et bien c'est la distance qui nous sépare du cheval. A savoir, le couloir des aides. Ni plus, ni moins ;-) Ce qui signifie, par exemple, qu'un cheval qui tombe sur son épaule interne sur le cercle, par exemple, serait dans une démarche de "grignotage d'espace". Et que ce problème qui doit se régler à cheval peut aussi se prévenir à terre.

Puis on passe à la phase de cession à la pression. Tout simplement, sans céder tant qu'il n'y a pas de réponse.
Si le cheval fuit (bon, là il est en longe), on fait tourner en passant le postérieur, puis arrêt désengagé. Pourquoi désengagé ? Parce que qui dit postérieur dessous dit mouvement possible de manière imminente. Or ce n'est pas le but ... le but est la station dans le calme. Et arrêt droit : pas d'antérieur ni de postérieur dépssant vers l'humain, car cela signifierait alors intrusion dans l'espace, donc cheval qui n'écoute pas.
Donc on cède à droite, à gauche, hanches, épaules, puis nuque.
But du jeu : cession dans la décontraction. Pour que la réponse à la jambe soit elle aussi donnée dans la décontraction, et que sans décontraction ... pas d'équitation.

Digression sur l'importance de la décontraction.
Sans décontraction, pas de mise sur la main (ça, on le savait ;-) ). Contraction des abdos (faire venir les postérieurs dessous) combiné à étirement des antagonistes du dos : ça doit passer par l'étirement de l'encolure. Mais si le cheval est tendu ... ça ne passe pas.
Pas de rectitude non plus. Cheval contracté, qui cherche à fuir (par l'avant, par la passivité, par les côtés), égale cheval qui n'est pas droit.
Et pas d'impulsion.
ça m'a rappelé trois préceptes bien classiques ... Calme, en avant et droit ;-)
(Et un petit aparté des intervenants sur les enrênements "vers le bas" utilisés pour obtenir une mise en main forcée et qui font ressembler certains trots moyens à de la varappe, qui nous a bien fait rire ... )

En résumé, j'ai bien aimé. J'ai vu des gens qui travaillaient dans un vrai calme, chez qui on sent un réel vécu et une réelle expérience du cheval, des gens qui proposent un travail en vue d'une utilisation sportive du cheval, pleins de bon sens, qui ne lésinent pas sur les explications comportementales et biomécaniques sans passer par la case du "gars qui a tout appris chez les indiens de Tataouine Creek" et "pour qui rien n'est possible sans la longe brevetée et le bâton tomate", qui agissent avec précision et timing.
Ils reviendront régulièrement, et j'espère bien en faire profiter Marsu !

Posté par mybridgetdiary à 11:05 PM - Chroniques - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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