17 janvier 2007
*Je suis dans mes joues*
*Etre dans ses joues*. C'était la pose favorite de Djou, lorsqu'elle réfléchissait.
Assise sur son petit derrière, sa longue queue touffue balayant le sol d'un mouvement lent, les yeux à demi fermés mais-pas-trop. Réflexion et concentration. "Si je regarde la porte suffisamment longtemps, elle va bien finir par s'ouvrir". Adaptable à diverses variantes : si je me concentre sur (ma gamelle) (mon eau) (mon jouet) (mon humaine), il va bien finir par se passer quelque chose.
Et elle avait parfaitement compris l'essentiel, la petite Djou.
Effectivement, il finissait toujours par se passer quelque chose.
L'humaine venait toujours à la rescousse de son petit chat. Mais pour Djou, c'était la magie de son regard qui restait infaillible.
Et ce regard magique, il fonctionnait toujours.
Que les humains s'absentent, laissant trainer une salade de betteraves, une glace à la vanille, un steak...
Lorsqu'ils revenaient, et qu'ils trouvaient Toute-Petite pourléchant ses babines violettes, lissant ses jolies pattes couvertes de glace, s'essuyant les moustaches... Un seul regard. Et ils fondaient.
Et même, lorsqu'à 3 mois, Mademoiselle volait une baguette et que les humains voyaient passer un tout petit bout de chat qui trainait une immense baguette de pain... Ils ne l'ont jamais grondée. Le regard, encore !
Et mieux encore : en se concentrant bien fort, en faisant bouger les humains, on peut même créer des ombres chinoises sur les murs. Et s'amuser à sauter dessus. Le meilleur des jeux !
Sa Deux-Pattes, Djou la menait par le bout du nez.
"Non, tu ne sortiras pas ce soir !"
"Non, je ne sortirai pas... Mais c'est LUI qui viendra, alors."
Et la Deux-Pattes, réveillée en sursaut par les ébats des amoureux sur le lit... Et bien, elle n'avait plus le choix.
Si, celui de choyer les chatons, ensuite.
Djou avait une conception de l'éducation du chaton parfois assez curieuse, d'ailleurs. Le petit Gio a découvert la viande hachée au sommet d'un plat de spaghettis bolognaise, où il vait été déposé par sa maman-chat attentionnée. Elle pensait également qu'un chaton bien élevé devait savoir apprécier les bains. Et donc, hop, dans la douche !
La Deux-Pattes, c'était aussi synonyme de grand confort.
Quand elle travaille, on peut se mettre sur ses genoux.
Quand on a assez dormi, on peut sauter sur son bureau, et jouer avec ses doigts. Elle tape sur son clavier, ça fait de drôles de "clic, clic", les doigts courent et on peut les attrapper.
Quand elle dort, on peut se lover, se rouler en boule près de sa tête. Et même profiter des couvertures.
Quand elle regarde la télé, on peut s'installer confortablement. Et la télé, c'est assez marrant pour nous, les chats. Toujours des choses qui bougent, de drôles de bruits... Il y avait une voix qui mettait Djou dans tous ses états, depuis ses deux mois. J'ai toujours trouvé ça surprenant, et ça m'a toujours fait rire. C'était la voix de Johnny Depp (Mademoiselle n'avait pas mauvais goût).
Quand la Deux-Pattes venait à la maison avec sa jument, Djou en profitait encore. Je descendais de cheval pour boire, et Djou sautait sur la selle. Un peu de sport, entre une chasse au lézard, un plongeon dans la rivière à la poursuite d'un rayon de soleil sur l'eau, un jeu avec un autre chat et une séance de caresses...
Mais le plus agréable, avec sa Deux-Pattes, reste de se mettre entre elle et, au choix, son écran/la télé/son livre, et de la contempler. Parce que dans ces cas là, Djou était certains de finir pelotonnée sur mes genoux, un doigt grattant sous le menton, là où c'est tellement bon.
Lorsque le Deux-Pattes est arrivé, il a fallu le charmer. Rien n'était trop beau pour lui : regards adorateurs, ronronnements à se pâmer... Et le charme a opéré. Djou avait un fan supplémentaire.
Toute-Petite avait mis au point une technique d'approche de l'humain en général,qui a fait fondre tous ceux sur qui elle l'a exercée. La technique consiste à se mettre debout sur les pattes arrière, et à attrapper le visage de l'humain entre les deux pattes avant, pattes de velours bien sur, puis, selon l'inspiration du moment, frotter son front sur ce visage, ou le lécher doucement. Avec, encore, le regard... Djou avait aussi appris à faire des bisous. Au mot, elle venait, et vous léchait doucement.
Mademoiselle Arjuna était une séductrice. Un caractère de star, également. Des demandes parfois qui ne toléraient ni retard, ni refus. Et capable de représailles diverses à sa mesure. Mademoiselle faisait la loi. Yop, bien que 5 fois plus gros qu'elle, en faisait régulièrement les frais.
"Tu iras manger quen JE l'aurai décidé", lui faisait-elle comprendre. Et elle se plantait devant la gamelle du pauvre Yop, qui n'osait piper aboiement. De temps en temps, considérant qu'elle devait remettre le canidé à sa place lorsqu'elle se trouvait sur le canapé, elle lui claquait la truffe avec la patte.
Mais Yop et Djou, c'est aussi une histoire d'amitié et de complicité.
L'union fait la force, et ils l'avaient fort bien compris.
Un cake posé sur le frigo, trop haut pour Yop ? Qu'à celà ne tienne. Djou prenait sa part, perchée tout en haut, puis d'un coup de patte faisait tomber l'objet du délit par terre, où Yop pouvait se régaler à loisir.
Un pigeon sur la fenêtre ? Djou, bonne chasseresse, l'attrapait d'une griffe, jouait un peu avec puis l'abandonnait à Yop. Ce qui, souvent, se soldait en poursuite surréaliste : Djou (ou Yop), pigeon dans la gueule, suivi de Yop (ou Djou) attendant son tour, et fermant la marche, moi, essayant d'attrapper l'un des compères pour lui faire lâcher sa proie.
Et l'union, c'est aussi très agréable en milieu pas-très-sympa, comme la voiture. Où il est bien plus confortable de voyager lovée entre les pattes de "son" chien, plutôt que coincée dans un panier de transport.
En voyage, Mademoiselle était aussi une exploratrice.
"Je suis chez moi partout où se trouve ma Deux-Pattes".
La maison aux fenêtres ouvertes, au bord de la route où la voiture de ma Deux-Pattes est coincée dans un embouteillage est donc la mienne, puisque ma Deux Pattes est là. Allons donc y faire un petit tour ! Et tant pis si elle perd une heure à me retrouver. Je suis sa Djou, et elle ne me laissera pas tomber. Elle avait raison : je ne l'ai jamais laissée tomber. Et elle a toujours été là.
Je pourrai écrire des pages et des pages sur Djou... Sur mon petit bout de chat qui s'est endormie pour toujours cette nuit. J'ai eu la chance de lui dire au revoir, j'ai pu la remercier pour ces 15 ans passés à ses côtés. Une page se tourne.
Djou repose maintenant près des chevaux, et un petit rosier viendra la rejoindre demain. Il me rappellera ma Toute-Petite. J'ai essayé de lui faire une jolie vie, aussi jolie que celle qu'elle m'a donnée.
Il n'y a plus de boule de poils roulée en boule sur mes genoux.
Il n'y a plus de miaulements impérieux, puis tendres, puis suppliants.
Il n'y a plus de Djou dans-ses-joues en haut de l'escalier.
Il n'y a plus de petite ombre claire qui passe, sans bruit, d'une pièce à l'autre.
Il ne reste plus qu'une étoile.
24 décembre 2006
Boule de poils
Arjuna, ou Djoudjou, Tichat, Arjushi-Chat-Chinois, ma boule de poils, ma petite compagne de 15 ans, est malade. Très malade.
Mon petit bout de chat est en train de lutter pour raviver son étoile.
Elle s'accroche, elle ronronne, elle lève sa petite tête et me regarde de ses petits yeux fatigués.
De petits miaous, mais pas les cris impérieux et tonitruants qui veulent dire "Lève toi ! Je suis là et j'attends !"
Ma petite boule de poils attend. Et j'attends avec elle.
Ce soir, c'est Noël.
Et ma boule de poils et moi, nous sommes restées toutes les deux.
On est responsable de ce que l'on apprivoise, disait le Petit Prince... Et ma rose à moi, c'est Arjuna.
Petit chat qui a donné toute sa vie à ses humains. Alors l'humaine pouvait bien sacrifier un Noël pour l'offrir à son félin.
C'est peut être notre dernière soirée. Et si c'était le cas, alors elle aura été douce pour nous deux...
Mais ça fait tellement mal de penser au moment où elle ne sera plus là.
"Ce n'est qu'un chat", me diront certains.
Oui, mais savez-vous ce qu'est un chat ? Un petit Dieu du foyer, une petite source de calme, un concentré de réconfort et d'émotion pure. Un ami qui vous regarde comme si vous étiez une personne importante et unique, et vous l'êtes lorsqu'il vous regarde.
Petite Arjuna, j'aurai essayé" de te donner une belle vie de chat. Tu auras eu la campagne, la ville, de mignons chatons, des voyages, toujours gite et couvert, des jeux à n'en plus finir, des câlins à rendre jaloux tous les autres matous... Et nous, on a eu une chatoune magnifique, intelligente, aimante, tyrannique parfois, drôle toujours, et qui sait être douce jusqu'au bout.
Reste encore un peu avec nous, Toute-Petite. On a encore un chemin à faire avec toi.
Mais ta petite flamme, quoiqu'il arrive, elle restera dans nos coeurs.
21 novembre 2006
620 habitants, 3 élevages, un studio...
Présentation succinte, certes.
Et oui. Lassée de la vie montpellierraine, j'ai déménagé mes pénates jusqu'à Pompignan, petit village du Gard.
620 habitants, 3 élevages équins (dont un farfelu, un sérieux et une des plus grosses écuries d'endurance de France), un studio de disques qui a accueilli Noir désir, Nina Hagen, Laurent voulzy et beaucoup d'autres, une poste ouverte 15 heures par semaine, une boulangerie aux horaires fantaisistes, une minuscule épicerie et un bar-pas-tabac.
Le seul village de France où, au fronton de l'église, trône fièrement l'inscription "Liberté, Egalité, Fraternité" pendant qu'en face la mairie affiche crânement, au dessus de son porche et gravé en grandes lettres dans la pierre, le mot "Asile".
Spécialités :la carthagène (alcool succulent) et le croissant au chocolat de Jean-Marc, le vénéré boulanger à qui j'érigerai bien une statue.
Pour venir chez moi, c'est à dire au bout du bout du monde, il vous faudra affronter le Causse. Dix kilomètres d'une route toute pittoresque sur un plateau, sur lequel vous aurez préalablement grimpé par trois kilomètres de lacets étroits et soleil dans l'oeil, et duquel on redescend par trois autres kilomètres de lacets, re-soleil dans l'oeil.
Sur le plateau, vous prendrez garde à ne pas :
- croiser un sanglier
- écraser un Rambo en gilet orange fluo qui attend le sanglier que, je vous le rappelle, vous venez prudemment d'éviter
- emplâtrer un des cyclistes de l'AS Clapiers qui viennent souffrir là (ça doit être le mystérieux Eden des cyclistes)
- heurter de plein fouet un coureur de l'écurie Chazel (le frère de l'endurancier) qui s'entraîne pour les rallyes et courses de côtes, à grand renfort de baliseurs-de-route armés de talkie-walkie.
Lorsque vous aurez enfin franchi ce Causse, vous découvrirez enfin le village tapi au fond de la vallée.
Maintenant, vous pouvez profiter de la douceur de vivre et vous faufiler dans les rues si étroites que les voitures n'y passent pas. Et si vous apercevez le chateau d'eau, ma maison n'est pas loin.
Ceux qui connaissent "le Prisonnier", série TV tournée à Port Meirion, reconnaitraient entre mille cette forme de porte ogivale, comme celle de la maison du numéro 6... et bien chez moi, c'est la même porte. Et j'habite au n° 6 :-).
Rassurez-vous : pas de numéro 2 maniaco-sadique chez moi, pas de rodeur ballon-sonde dans les rues, pas de radio qui se déclenche toute seule ni de surveillance en direct, et pas de troublé obsessionnel compulsif passant tout son temps libre à me demander pourquoi, mais alors pourquoi j'ai démissionné (for further information, just have a look here ;op). et puis je ne suis pas un numéro, je suis... le bipède de mon cheval ? La créature de mon chien ? L'humaine de mon chat ? Que choisir, je n'en sais rien, mais je ne suis pas un numéro. Et ça, j'en suis certaine !
C'est une petite maison confortable, accueillante, mais qui demande encore à être aménagée... et j'avoue être en phase d'overdose du carton-plein-de-trucs-qu'il-faut-déballer. Hélas, il faudra bien que je me décide à ouvrir la quinzaine de cartons abandonnés et cherchant un foyer. Foyer que je leur ai promis lorsque nous avons quitté leur précédent domicile. J'ai beau leur expliquer qu'ils ne sont pas seuls, que j'ai d'autres choses à faire aussi (travailler, assurer la subsistance du Marsu, par exemple), je les entends se plaindre et réclamer que je m'occuppe d'eux. Promis, les cartons. Ma prochaine bonne action sera pour vous (ils ne m'ont pas vue croiser les doigts derrière mon dos. Ouf !).
Ma petite vie a repris un cours normal. La campagne cévenole, c'est vraiment le rêve !
13 septembre 2006
Wanted
Shawn Colvin, parce que c'était un de nos albums, alors.
Wanted, Fred Crohem, alias Fred from New York, alias l'ami parmi les meilleurs.
Perdu depuis le 11 septembre 2001, quand je l'avais appelé pour savoir si tout allait bien.
Ma faute (si je n'étais pas si étourdie, si je n'effaçais pas les mails importants, si je, si je...).
Chasseur de primes, marabout extra lucide, homme-au-pendule-qui-localise-tout, j'ai besoin de toi !
Retrouve moi mon partenaire de recherche d'Armand et Lestat dans les Halles, de beuverie chez Zaza de Ouab, de pestage à Bastille, de squatt de péniches pour le 14 juillet, de folles soirées open-bar au Tropic et au Banana, de *refaire le monde et le défaire aussi sec* toute la nuit, de Truffaut-mania (cinéma, point jardinage), de fou-rires et photos façons cow-boy marlboro...
Bref, retrouve moi mon ami !
Et que celui qui dans Google-notre-ami-à-tous tapera Frederic Crohem (ou FredericK) en guise de mots clés et arrivera sur ce blog... me dise s'il sait où le joindre. Ce serait le nirvana ! Il aura droit à ma reconnaissance éternelle à défaut d'autre chose.
Une bouteille à la mer : je sais, mais si je n'essaie pas...
(C'est vrai, quoi, Fred, viens ! On va réussir à le réaliser, notre rêve !)
03 septembre 2006
De la *douceur de vivre* à Montpellier
Montpellier, jolie ville du Sud, pôle technologique en développement, objet des convoitises de nordistes en mal de soleil, plus fort taux d'arrivées chaque mois.
Lorsque je me suis retrouvée à Paris, directement après Cros (200 habitants l'été, 50 l'hiver, Cévennes méridionales) puis Sommières, j'avais une idée fixe : redescendre dans mon Sud.
Et les idées fixes de l'un finissant souvent par convaincre l'autre, Cleave et moi décidons de venir au soleil.
Moi, je veux habiter à la campagne.
Lui, il préfère la ville.
Soit, il laisse tomber tous ses contacts (et pour un musicien, les contacts, c'est ce qui fait travailler), je serai donc une gentille Bridget-like et accepte la destination de son choix : Montpellier.
Et nous emménageons donc dans cette ville.
Les années passent. Et la vérité apparait, peu à peu.
Montpellier, c'est pire que Paris.
Les gens sont snobs. Pire que Versailles ! Penser à écrire et faire éditer un "Guide du Montpelliérain BCBG". Pourrait être best-seller.
Les gens sont de mauvaise foi. Disent oui quand pensent non et réciproquement. S'assimilerait presque à tic de comportement chez eux. Fort désagréable au quotidien. Penser à breveter un décodeur. Pourrait se révéler utile dans situations professionnelles.
Le montpelliérain de souche, contrairement au gardois, n'est pas liant. Il a un avis pédant sur toutes choses et une forte tendance au délit de faciès et à la diarrhée verbale version name dropping incompréhensible pour qui ne connaît pas les notables locaux. Probablement un désir d'ascension sociale contrarié.
Ferait bien de faire un stage chez aristos déjantés pour apprendre ce qu'est la vraie classe. Lui ôterait probablement tout tic de jugement sur apparence. Penser à organiser stages d'aristo-thérapie pour bourgeois pas gentilshommes. Acquisition du charisme non garantie par les organisateurs.
Le montpelliérain immigré, en revanche, est bien plus sympathique.
Mais étrangement, le montpelliérain d'adoption a souvent envie de fuir vers la campagne. Cherchez l'erreur.
Les embouteillages parisiens ? Pure gnognotte à côté de ceux de Montpellier.
Souvent dûs à projets d'aménagement urbain.
Montpellier est la seule ville où les rues changent de sens de circulation tous les 6 mois et de nom éventuellement sans campagne d'information. C'est ainsi que je me suis crue dans X-Files ou dans un cauchemar le jour où, devant me rendre à l'agence France Télécom "La Paillade", j'ai désespérément cherché les panneaux "La Paillade" qui pourtant, une semaine avant, existaient encore (mais je n'y faisais pas plus attention que ça, n'ayant aucun besoin de m'y rendre). Pour découvrir, après une heure et demie de recherche (vaine), que le quartier avait changé de nom et s'appelait maintenant "La Mosson".
Ai même alors pensé à rentrer me recoucher, histoire de me réveiller avec un esprit reposé.
Ne suis jamais arrivée à destination, ce jour là. Ai en revanche réalisé très beau voyage dans quatrième dimension.
Montpellier est aussi une ville perpétuellement en travaux. Ce qui génère diverses déviations parfois surprenantes et absurdes.
Un soir, Cleave et moi voulions aller dîner dehors. Travaux sur les chemin habituels (Oui, leS cheminS. Ici, on ne fait pas les choses à moitié. On condamne 4 itinéraires possibles sur 5) : suivons la déviation. Après vingt minutes de suivi scrupuleux des panneaux, nous nous retrouvons... à notre point de départ. Fantastique. Tout ce qui nous manquait. Mappy lui même y perdrait son sang froid.
Toujours au chapitre circulation, les *agents de surveillance de la voie publique* munis de leurs petits carnets sévissent à une fréquence minimale de deux fois par jour. Ils arpentent les rues d'un air sadique en marmonnant, la bave aux lèvres, "11 euros. 230 francs. Hin hin hin". Dangereux monomaniaques s'il en est. Jamais compris comment on pouvait choisir une telle profession. Même pas utile pour briller dans réceptions mondaines. Pire qu'inspecteur des împots ou croque-mort. Bref.
La douceur de vivre légendaire du Sud en prend pour son grade dans cette ville merveilleuse.
Si vous aimez le stress, le bruit, le fait de tourner 20 minutes (NDLR : moyenne réalisée sur une année, comprenant les périodes de désertion estivale) pour se garer, faire 100 mètres en une heure et demie en pleine canicule, payer une taxe d'habitation d'environ 1500 euros (hypothèse basse) par an destinée à financer des travaux qui vous empoisonnent la vie et sont parfaitement inutiles en terme d'aménagement urbain (en revanche fort glorieux en terme de mégalomanie municipale), alors Montpellier est faite pour vous.
Mais si vous cherchez calme, harmonie, douceur de vivre, temps qui s'écoule doucement... ;op
21 août 2006
Le syndrome de Bridget Jones
Today, no sound, but... un moment d'anthologie adulescente. On dirait presque moi, dans mes grands jours (NDLR : pour la partie danse sur canapé).
Mardi, jour de mon égo.
Vous savez déjà que je suis étourdie et gaffeuse.
Que j'aime les vampires.
Aujourd'hui, vous apprendrez que je suis le prototype de l'adulescente parfaite.
Aucun engagement durable formel.
Le mot *CDI* me fait fuir à toutes jambes, par exemple. Sauf bien sûr s'il s'agit d'un acronyme de la FEI.
Idem pour ce vocable pourtant si prisé, *Mariage*.
Acheter une maison ? Pour être rivée à un endroit comme une moule à son rocher ? Non merci !
Je suis phobique de l'engagement.
Sauf... Celui qui me lie à mon cheval.
Aucune auto-prise au sérieux.
Je joue en permanence.
Je joue à la traductrice, je joue à la cavalière, je joue à la monitrice...
Je hais le sérieux !
Beaucoup de projections dans l'avenir. Quand je serai grande...
Je suis grande. Et alors ?
Qui m'empêchera de continuer à jouer ? A me créer une nouvelle vie ? A faire ce qui me passe par la tête ?
Et si ça m'amuse, moi, de m'installer en Australie ?
Il sera bien temps de me rendre compte qu'il est peut être déraisonnable d'entreprendre l'ascension de l'Anapurna à 75 ans...
J'aime penser que tout est possible. D'ailleurs, tout est possible !
J'adore les séries TV dites débiles. Les autres aussi, d'ailleurs.
Et n'ayant jamais le temps de jouer à la Couch Potato... je savoure !
J'aime inventer des jeux, aux endroits les plus improbables.
- jouer à Fort Boyard aux Bains Douches, au Palace ou aux Folies Pigalle*
- Toujours dans ces mêmes lieux, s'inventer une mythologie propre et inspirée par la secte du Mandarom et en faire un jeu de rôles**
- Piquer son képi à un policier (un de mes grands fantasmes, emprunté à Bertram Wooster -dans la série des Jeeves-)
* et ** : lorsque je vivais encore à Paris. Depuis, avec mon acolyte Soeurette, nous avons dû transposer nos âneries aux activités locales.
J'invente des chansons très idiotes que je hurle à tue-tête dans la maison, dans la voiture... Mes animaux adorent ;-)
Cleave, un peu moins.
J'adore me goinfrer de bonbons. Bananes Haribo, fraises Tagada, crocodiles, *bouteilles de coca* (celles avec le sucre qui pique), réglisses avec le truc rose ou vert dedans, Dragibus, Car en Sac, Chamallows... Rien ne m'échappe.
Et plus c'est chimique, plus j'aime. Mes cavaliers l'ont bien compris en m'offrant des paquets de carambars Atomic qui font la langue bleue ;op
Dans la même veine, je bois des litres de Sélecto. Un bonheur pour les papilles. Un coca qui aurait un goût de banane Haribo.
J'ai un comportement très *Bridget Jonesien*.
Pas un hasard si mon blog porte le nom qu'il porte...
Je suis parfaitement capable de faire un soupe bleue, de m'imaginer finissant seule et dévorée par des bergers allemands, de fantasmer sur un film à la télé en transposant dans la réalité, de prendre 100 000 résolutions que jamais je ne tiens (combien de fois ai-je arrêté de fumer...), de m'amuser à faire tomber mon Cleave dans l'eau (ou de cheval, ou...), de hurler en les écoutant des chansons ringardes, toute seule à la maison...
Bref... Je crois que je ne grandirai jamais vraiment.
Et puis je ne veux pas grandir. Je ne veux rien avoir à faire avec les obligations de la vie d'adulte. Certes, comme tout le monde, j'y ai droit et les assume, plutôt bien d'ailleurs (NDLR : compliment minute, technique de management efficace et reconnue) mais... vite, je passe à autre chose.
Et je suis tellement bien dans ma peau, comme ça :-)
17 août 2006
Interlude
Cette semaine sera placée sous le signe du Lapin.
Signe espiègle s'il en est, plein de malice et de nez qui remue.
De visites aux chevaux en dîners et crapahutages dans la garrigue en compagnie de Yop Yop le chien qui saute, nous aurons passé de bons moments !
La rabbit-culture, décidément, ça me plaît ;-)
08 août 2006
Le fabuleux destin de mon nombril, part one
Sound for today : Massive Attack et Robert Plant ensemble. Enjoy !
(si les titres un peu rock ne vous déplaisent pas, bien sûr)
Aujourd'hui, Marsu le bienheureux se repose.
Il est bien le seul. Moi, je vais jouer au mikado avec Horus-la-girafe-tordue. Sur laquelle il serait bon de penser, un jour, à installer une direction. Et à qui il faudrait offrir "Marcher sur 4 jambes pour les nuls". Ce qui éviterait certaines situations cocasses.
Il serait bon également de lui expliquer qu'on ne calcule pas toujours une distance à vol d'oiseau, et que parfois, si, si, on emprunte un autre chemin que la ligne droite pour se rendre d'un point A à un point B.
Et pour conclure la liste de Noël d'Horus, on ajoutera une paire de lunettes (ou lentilles, c'est sans importance) lui permettant de voir la hauteur réelle des bambous (inutile de sauter les chandeliers) ainsi que la place de l'obstacle (partir systématiquement sur la longue, c'est plus fatigant, et ça fait rire la cavalière, qui redore le blason du Taxi et a du mal à enchainer. Le fou rire, ça n'aide pas. Mais heureusement, une fois suffit).
A sa décharge, notre girafon débute sur les barres. Et est doté d'un gros passage de dos, mais ne gère rien.
Et c'est moi, déesse des bambous, comme chacun sait, qui m'y colle.
Mais fi des chevaux qui ne sont pas Marsu.
C'est encore de mon nombril que je voulais parler, ce soir.
Des multiples vies de mon nombril, plus particulièrement.
Multiples ? Et oui.
Mon petit nombril a très vite compris que le fil qui le reliait à la vie était excessivement fragile et pouvait rompre à tout moment.
Et petit nombril en a tiré une conclusion : jouer !
Et oui. La vie, pour moi, loin des considérations matérielles et de l'emprise des contraintes de tout un chacun, c'est un jeu. Suis restée très enfant ;op
Et parce que la vie est courte, petit nombril a laissé libre cours à ses envies.
Petit nombril avait une obsession. Une obsession à quatre sabots, avec une crinière et qui hennit.
Mais petit nombril était encore trop jeune pour décider de lui même. Et les grands ont décidé pour lui.
Petit nombril a donc choisi, dans un premier temps, d'être "sondier".
Sondier ?
Ingénieur du son serait plus juste. Mais petit nombril s'exprime dans le jargon des professionnels de la profession.
Perchman donc, chez AB Productions, assistant-son chez Delarue, Cavada, sur France 3... Et au cinéma aussi, avec Anne Fontaine, entre autres.
Rencontres cocasses, émouvantes, situations absurdes (ou : comment se retrouver en train de tripoter les fesses et les poignées d'amour d'un ex-premier ministre sous le prétexte d'un micro mal fixé ou mal réglé), conditions de travail improbables (sur le Club Do, présence de Thierry le Portier, dresseur de fauves, et de son assistante, avec lions et panthères en laisse, à 15 m de nous, brrrr)
Puis, ingénieur du son au studio de la Madeleine, après quelques passages chez les pointures de Davout, Plus XXX.
Rencontre de grands, de petits, découverte du véritable marché de la musique en France : l'Afrique.
Bien loin des rêves de rockstars, le quotidien du sondier moyen, c'est le Zaïre, le Burkina, la Cote d'Ivoire... en plein Paris.
Tout le village débarque, et c'est la fête. Maffé, bière, musique, propositions au directeur du studio de m'échanger contre quelques chameaux.
Ou bien artiste qui n'a pas d'argent, alors qui repeint les escaliers pendant que nous mixons.
Sans parler de celle qui ne supporte pas de chanter dans la lumière, ne travaille que la nuit, toutes lumières éteintes. Fort pratique pour nous, les techniciens.
Et celui qui a pondu un tube en son temps, et veut revenir sur le devant de la scène.
Et qui terrorise le personnel du studio, détruit le matériel, en fait voir de toutes les couleurs à sa production... Un matin, il m'a enfermée dans la salle de maintenance !
C'est aussi les lock-outs avec Sooch le canadien et Peter le photographe new-yorkais qui a décidé de faire un disque; les soirées à attendre que la grosse Césaria (oui, elle même !) ait fini de cuver son rhum avant d'enregistrer; les frasques d'un certain Joey S... qui repart avec une bonne partie du matos du studio...
Et puis des moments magiques, comme lorsqu'un lauréat français de concours de flamenco Sévillan vient enregistrer.
Ou lorsqu'un chanteur Sénégalais vient travailler sur un morceau typiquement américain, avec une voix incomparable.
Ou lorsque petit nombril voit arriver un certain Yarol Poupaud flanqué de son frère Melvil.
Ou lorsqu'un grand bassiste brun pousse la porte du studio, un samedi matin, pour une séance que je n'oublierai jamais...
Mais petit nombril a vite compris que cette vie n'était pas pour lui.
22 heures de travail par jour, c'est trop.
Et les quatre sabots lui manquent...
Petit nombril a donc amorcé un virage de plus, avec, en ligne de mire, les chevaux pour toute la vie. Et plus simplement comme une obsession, comme un désir resté à l'état de désir.
Mais, vous l'aurez compris, petit nombril emprunte des chemins détournés :flâne, visite, découvre, se pose, repart, s'arrête à nouveau...
Petit nombril sera ainsi graphiste, puis traducteur. Mais ceci est une autre histoire !
07 août 2006
Les histoires d'amour finissent mal....
... en général, seulement !
Lundi, jour de mon petit égo.
Et ce soir, je vous narrerai donc mes histoires qui se sont mal finies.
Rassurez-vous, rangez la boîte de mouchoirs, éteignez votre CD de Céline Dion, rien de triste !
Ma première histoire d'amour, avortée avant même d'avoir commencé : j'étais trop petite pour me rendre compte que des millions de femmes sur la terre auraient rêvé être à la place que j'occupais.
Je pense en revanche qu'elles auraient profité de la situation différemment.
J'avais 6 mois. C'était au Mans.
Mon grand-père (directeur de la DST et préfet de région) présidait l'ouverture de la course des 24h du Mans.
Invité d'honneur : Josh Randall, soi-même et en personne.
Steve Mac Queen, donc, qui, voyant un bébé relativement calme dans les bras de ma grand-mère, s'est cru obligé de prendre le dit poupon dans ses bras, pour un guili-guili destiné à avertir son hôte qu'il était conscient de l'honneur qu'on lui faisait.
Le bébé, c'était moi.
Dans les bras d'une star.
Et je lui ai fait pipi dessus.
Mon premier chagrin d'amour, ensuite.
J'avais 5 ans.
Je suis allée, avec mon grand-père (le même), au cinéma. Voir Robin des Bois, avec Errol Flynn.
Et là... Le coup de foudre. Quand on a 5 ans, un moustachu en collants verts et qui vole de branche en branche, forcément, ça attire l'oeil. Dans ma petite tête blonde à couettes, je fais un serment : jamais je ne me marierai, sauf avec lui.
Projet que j'expose à mon grand-père dès la fin de film.
C'est alors qu'il m'apprend que ce pauvre Robin est bel et bien mort.
J'ai pleuré toutes les larmes de mon corps.
Non pas pour la mort de ce monsieur (enfin si, un petit peu); après tout, nous n'avions pas été présentés.
Mais surtout, j'étais fort ennuyée pour la suite de ma petite vie. Comment faire, alors que j'avais fait un serment ?
Me suis jurée de ne plus jamais rien jurer :op
Je passerai sous silence les 50 fois où j'ai traîné mon pauvre père (où Nous avons traîné notre pauvre père... ma soeurette étant de la partie) voir Star Wars, parce que nous étions amoureuses de Luke Skywalker (elle) et de Han Solo (moi). Quelle patience de sa part... Se taper les grognements de Chewbacca, les hululements essouflés de Dark Vador, les bip-bip de R2D2 et les jérémiades de Z6Po, chapeau ! Rien que pour ça, Papounet a gagné son paradis :op
(Et le premier film qu'on m'a offert, quand j'ai enfin eu un home cinéma... Devinez quoi ? La trilogie Star Wars ;o) )
La pire histoire, maintenant. Le souvenir qui fait honte.
Et là, ma fierté, je me la range dans les chaussettes :op
J'ai vingt ans, et j'ai très mal aux dents.
Et comme je suis une fille responsable, je vais chez le dentiste. Qui me prescrit, en cas de récidive, un anti inflammatoire. Solupred, je m'en rappellerai toute ma vie !
Soulagée et guillerette, je pars retrouver *ma bande*.
Nous sirotons un apéro en terrasse. Et arrive une apparition tout droit sortie de l'agence Elite (au moins). Une créature sublime, somptueuse, mais alors... un qui ne dormirait pas dans la baignoire :op
Manifestement, j'intéresse la créature. Flatteur, certes.
Laissons la chose tenter quelques manoeuvres d'approche.
Ne pas lui montrer tout de suite qu'il n'aurait qu'à claquer des doigts ;op
Et le mental, et l'intelligence, me direz-vous ? Franchement, pour ce que je veux en faire, je m'en fiche !
D'abordage en accostage, nous voilà donc attablés; la créature, qui répond au doux nom d'Alexandre, nous a rejoint.
Nous avions décidé d'aller dîner dehors. Et la créature se joint à nous.
Le dîner s'écoule, toujours pas mal aux dents.
Alexandre, en sortie de table, suggère un petit café en tête à tête quelque part; à la maison, bien sûr ! Hop, taxi.
Maison, café, blablabla, etc... Et là, les quenottes se réveillent.
Qu'importe, j'ai la solution à mon problème : Solupred ! Aussitôt dit, aussitôt fait.
J'aurais dû lire la notice. Et les effets secondaires.
Qui surgissent inopinément, d'un seul coup, sans prévenir, et jamais quand il faudrait.
Je vous laisse imaginer la scène : lovés sur le canapé, le jeune homme prend la main de la jeune fille, leurs visages se rapprochent, et... la jeune fille repousse brusquement le jeune homme, bondit sur ses pieds et fonce vers la salle de bains, les deux mains devant sa bouche.
Cette nuit là, j'ai pu détailler les moindres recoins et ébréchures de la cuvette des toilettes.
La honte !
La créature, voyant ses plans contrecarrés, s'est eclipsée discrètement.. et je n'ai jamais osé le rappeler. Alors qu'il me l'avait demandé.
Et enfin,le comble de l'histoire d'amour : celle qui ne commence jamais. Parce que jouer, c'est plus rigolo.
Et qu'à force de jouer, les grands, que cela embête, vous séparent.
Et là, dédicace spéciale à mon ex *collègue et néanmoins compagnon de jeu* Laurent, dit Rayon de Soleil (j'étais en train de lire "l'oeuvre de dieu, la part du diable", d'où ce surnom, bien plus sexy que "Homer", il faut bien l'avouer).
A cette époque, je travaille chez AB Productions, comme perchman, sur différentes séries.
Mais ma préférée (comme lieu de travail, s'entend; pour le reste, je n'ai pas encore subi de lobotomie), c'est "Le miel et les abeilles".
Parce que sur le Miel, je retrouve Rayon de Soleil. Et qu'on s'aime, tous les deux. Et qu'on s'amuse, comme de vrais gamins.
- On se court après (au sens propre comme au figuré, d'ailleurs) sur le plateau. Et on bouscule tout et tout le monde. Quitte à faire tomber les décors.
- On fait des batailles de Jedi avec nos perches
- On subtilise des accessoires divers : des rats (dans un épisode où 120 rats étaient prévus), un python (avec lequel Rayon de Soleil me poursuivait partout, et sachant que j'ai une véritable phobie des serpents...), une chèvre que nous emmenons sur le toit des studios, sur la pelouse de la maison du grand patron (qui s'est fait construire un chalet sur les toits. Tous les goûts sont dans la nature, après tout)...
- On s'enferme dans le décor "salle d'UV" et on envoie balader quiconque ose nous demander d'ouvrir
- On éclate de rire pendant les prises, tant les *comédiens* sont mauvais (surtout Giant Coocoo, rappelez-vous... ancienne star du porno reconvertie dans le sitcom pour enfants) (mais c'est un nain -un vrai-, alors il a toute ma sympathie)
... Et on finit par avoir droit, au bout de 6 mois, à une interdiction de plateau commun. Jamais de jour de travail simultané.
Nous avons essayé de soudoyer les secrétaires du planning, de négocier avec le grand chef du son, à grand renfort de parties de tennis et de tours en karting, mais rien à faire.
Trop dissipés, il parait.
Et comme nous avons des horaires de fous (début vers 7h30, fin entre 21h et 23 h)...
N'empêche, sans le chef, ç'aurait pu être une jolie histoire !
Depuis ce jour là, je hais la hiérarchie ;op
31 juillet 2006
Malignos-Boulségure
Sound for today, Hints.
Aujourd'hui, nous sommes lundi. Et le lundi, c'est mon jour à moi.
Ce matin, je devais retrouver ma soeurette et une tante qui nous rend toujours visite une fois dans l'été; comme à chacune de ses venues, déjeuner puis promenade.
Mais cette année, promenade spéciale, riche en émotions.
En effet, elle ne connaît pas notre maison, notre si belle maison, celle qui a illuminé notre vie et que nous regrettons depuis 10 ans. Etre à ce point attaché à un lieu, ça peut sembler idiot... mais cet endroit, cette vallée, le Vidourle qui prend sa source aux pieds de la maison, la montagne qui l'entoure, la pinède, le cèdre vieux de plus de 300 ans... Tous ces acteurs de mon enfance, de mon adolescence font tellement partie de moi; ils ont toujours été là, pour les joies, les peines.
Nous sommes donc montées à Malignos.
Fait nager Yop dans la rivière, là où, enfant, je me baignais et jouais et où, adolescente et maintenant encore, j'aime bien plouffer pour me rafraichir
Humé l'air de la rivière, de l'herbe, des pins
Senti sous mes pieds les cailloux de la calade, les bogues de chataignes
Voir que les bambous sont toujours là, énormes
Et plein d'autres choses.
Tout ce qui a compté et compte encore tant pour moi est là.
Je n'ai pas besoin de beaucoup pour être heureuse, oh non.
J'aurais juste voulu avoir le minimum, je ne l'ai pas eu. Alors, je me suis rattrapée comme j'ai pu.
Puis, nous sommes allées au village, et nous sommes intallées en terrasse...
Et là, je vois arriver toute mon enfance, toute mon adolescence, mon début d'âge adulte, mon amour des chevaux, en chair et en os. Jean-Pierre, celui qui m'a mise à cheval, m'a appris tant de choses, a été le gardien de mon Crazy Diamond pendant tout le temps où elle a été avec moi, a été le confident, l'ami resté à nos côtés quoiqu'il arrive, le copain de déconnades sans nom, le premier gagnant de Florac, pionnier de l'endurance... Jean-Pierre, quoi !
Plus de cinq ans que je ne l'avais pas vu. Et la dernière fois, ç'avait été fort bref.
Il vient donc s'asseoir avec nous.
Plus de cinq ans sans se voir... et rien n'a changé.
Toujours les mêmes yeux bleus, toujours ce regard complice qui rendait folles ses conquêtes. Je ris en repensant aux scènes qu'elles lui faisaient quand j'étais dans le coin (ce qui arrivait souvent, j'aimais rester au gite).
Je repense aux randonnées, aux gardes du Parc National des Cévennes venant nous déloger à 3h du matin alors que nous dormons tranquillement à la belle étoile; aux fameuses balades au clair de lune, à Sintia, à ce qu'il évoque en précisant "quand elle (moi) était haute comme ça" avec une main à 70 cms du sol, à l'accident quand il m'avait emmenée à la clinique et que j'étais amnésique, aux fou-rires qui ont toujours été de mise... Et à tout ce qu'il m'a appris, avec les chevaux. Et Dieu sait qu'il en a, des choses à apprendre à qui veut bien écouter.
Beaucoup d'émotions qui remontent, et surtout celle de mon Crazy Diamond, partie il y a 10 jours.
Son absence pèse, aujourd'hui. Même si, c'est certain, j'emmènerai Marsu chez lui, pour lui apprendre la montagne.
Marsu est mon amour, mais Sintia, c'était mon premier amour.
Que c'est bon de replonger dans ses racines, de revoir ceux qui ont tant compté dans une vie, même si ma vie est encore courte ;-)
Et particulièrement en ce moment.

